Agri79 Informations 01 février 2008 à 09h35 | Par Hervé Brelay

Agro-énergies - Agriculture et environnement réunis sur l'autel de l'économie

Une journée agro-énergies était organisée par la FDSEA jeudi 24 janvier a permis aux agriculteurs de s’informer sur une problématique devenue réalité économique : l’environnement.

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Environnementalistes et agriculteurs étaient réunis jeudi 24 janvier à Viennay pour une réunion d’information sur les agro-énergies. « Une première, souligne Philippe Leyssène. Cela fait 18 mois que l’on planche sur la question. Aujourd’hui, tous les voyants semblent au vert  - que ce soit avec le protocole de Kyoto ou les réflexions régionales et nationales sur les énergies propres - pour mettre en place ce genre de réflexion ». Une évolution permise par la perspective économique rapprochant les deux domaines. « L’idée environnementale est plus facile à faire passer si elle est économiquement viable », affirme l’élu syndical qui met en avant sa volonté « de ne pas sacrifier l’économie sur l’autel de l’environnement ». Même pragmatisme du côté de Mathieu Mansouri, technicien conseiller au CRER (*)venu présenter des produits et des projets concrets « adaptés à l’activité agricole ».
La présentation de deux types d’agro-énergies était au menu de cette journée, que Philippe Leyssène tient à distinguer : « D’une part celles directement liées à l’agriculture comme le bois ou la méthanisation. D’autre part, celles qui couvrent d’autres domaines comme le photovoltaïque ou l’éolien ».

Etre acteur
Ces deux moyens de production d’électricité représentant une manne financière intéressante selon Mathieu Mansouri pour les agriculteurs. Une source de revenu demandant un investissement parfois lourd que le technicien du CRER défend en avançant « une rentabilité après neuf ans » et « une opération au pire économiquement blanche et écologiquement vert ».
Philippe Leyssène qui met en avant « la mobilisation de beaucoup de capitaux pour une rentabilité faible ». Ce dernier est plus enclin à se tourner vers la méthanisation (voir ci-dessous) ou la filière bois, comme avec le développement de la filière bois-plaquette réalisé par la FDCuma (voir Agri79 du 7 décembre 2007). Des solutions et des choix permettant aux exploitants de « récupérer la valeur ajoutée de nos produits », volonté affirmée et soutenue du responsable de la commisssion environnement de la FDSEA.

(*) Centre régional des énergies renouvelables. Une association basée à Villiers-en-Plaine hébergeant un espace info énergie et assurant des formations et du conseil/accompagnement. Contacts : Tél. : 05 49 08 24 24 ; site Internet : www.crer.info.

Le site de méthanisation du Thouarsais en bonne voie

Le projet Tiper est conduit par la communauté de commune du pays associée à de nombreux partenaires dont des agriculteurs. Au nombre d’une trentaine ils ont créé l’association BBT (Biomasse du bassin thouarsais) pour fournir avec des industriels les déchets organiques qui seront traités par méthanisation.
La semaine dernière, les agriculteurs intéressés par le projet et les responsables du groupement Borme, regroupant quatre entreprises qui ont remporté l’appel à projet, se retrouvaient pour une présentation de l’état d’avancement d’un dossier qu’ils veulent « collectif et territorial ».
Environ 60 000 tonnes de biomasse seront acheminées chaque année, dont 80% provenant des agriculteurs du secteur. Cette proximité géographique et les technologies développées garantissent la valorisation de plus de 90% du biogaz produit avant d’être vendu à des industriels voisins du site.
Le lisier traité sera ensuite valorisé en produit fertilisant sous forme de digestat liquide, de même pour le fumier, sous forme de compost.  Ils seront rendus-racine  aux céréaliers, partie prenante du projet. Des adaptations sont prévues dans les fermes. Des fosses de relevage du lisier seront aménagées avant leur évacuation vers l’unité de valorisation. Les fosses actuellement utilisées serviront elles au stockage du digestat.
L’investissement de 10 millions d’euros, pour un chiffre d’affaires de 3 millions d’euros par an va permettre une meilleure valorisation qu’aujourd’hui des lisiers et fumiers. L’usine produira l’équivalent des besoins énergétiques d’une ville de 15 000 habitants.

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