Agri79 Informations 07 mai 2014 à 15h06 | Par Pascal Bisson

Fourrages - Ensilage d’herbe et enrubannage bien conservés

Les conditions, le stade de la récolte et la confection de l’ensilage d’herbe ou l’enrubannage sont des étapes essentielles à la garantie d’un stock de fourrage de qualité pour obtenir des animaux performants.

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Le  silo doit être  étanche pour satisfaire les conditions anaérobies afin d’assurer une fermentation optimale.
Le silo doit être étanche pour satisfaire les conditions anaérobies afin d’assurer une fermentation optimale. - © N. C.

L’ensilage d’herbe repose sur le principe d’une transformation d’une partie des sucres en acide lactique, gaz carbonique et un peu d’acide acétique. C’est pour cette raison que l’ensilage est un moyen de conservation pour des fourrages riches en énergie. Pour la luzerne, par exemple, un minimum de taux de matière sèche et un conservateur permettront de compenser le faible niveau d’énergie. Cette fermentation lactique conduit à un abaissement du pH (<4) si elle est réalisée dans de bonnes conditions  soit en anaérobie (absence d’oxygène). Cette acidité empêche l’activité néfaste d’autres micro-organismes tant que l’anaérobiose est maintenue. Dans la pratique les points suivants sont importants à noter pour le chantier de récolte et la confection du silo d’ensilage d’herbe.

Maîtriser la fermentation lactique
Le préfanage du fourrage s’impose pour une conservation optimale, il faut viser un taux de matière sèche de l’ordre de 30 (maxi 35). Si le fourrage est trop humide, il y a plus de perte au niveau de la conservation (jus) et le risque de fermentations indésirables augmente. Si le fourrage est trop sec, il y a des problèmes pour tasser le fourrage et par la suite le risque de post-fermentation et le développement de moisissures augmente. La hauteur de coupe de l’herbe doit être au minimum de 6 cm, l’idéal est de  7-8 cm. Cela correspond à une main posée sur le sol en travers. Si la fauche intervient plus bas, il y a une réduction de la valeur alimentaire et une augmentation de la part de terre altérant la conservation. Enfin la plante repart plus difficilement.  L’ensilage en brins courts (3 - 4 cm)  permet d’obtenir un bon tassement et par conséquent de chasser l’air resté dans la masse du fourrage. Il favorise la fermentation lactique et diminue les risques de post-fermentation. Il  faut chasser l’air au maximum du tas d’ensilage par tassage. Avec l’augmentation de la puissance des ensileuses il faut être vigilant sur ce dernier point et prendre suffisamment de temps pour tasser le tas par couches successives. Enfin le  silo doit être  étanche pour satisfaire les conditions anaérobies afin d’assurer une fermentation optimale. Cela limitera le développement des levures et des moisissures se multipliant en présence d’oxygène.

Bien tasser et recouvrir le silo
Pour assurer ces conditions, l’utilisation d’une double bâche est intéressante. Il faudra au préalable que le silo soit régulièrement arrondi, en pente douce sans zone de trou où la bâche ne serait pas en contact avec l’herbe. Une première bâche neuve partant du pied du mur et recouverte d’une deuxième ayant servi l’année précédente est nécessaire. Certains préconisent une bâche de 40 μm, ce film fin assure un meilleur contact avec  l’ensilage et élimine les poches d’air résiduelles par adhérence sur le tas. Il  favorise ainsi la conservation. Une bâche classique  de 150μm d’épaisseur  est trop rigide. Avec les poches d’air éliminées, on accroît l’effet barrière anti-oxydante. Le gaz carbonique reste emprisonné, les pertes en matière sèche sont minimisées. Une deuxième bâche de 150 μm assure une protection contre les nuisibles. Enfin il faut privilégier des sacs de sable plutôt que des pneus pour limiter le risque de corps étrangers. Il faut en mettre suffisamment pour qu’il n’y ait aucun flottement de la bâche en bordure du mur et régulièrement en travers. Le tas, dans les quelques semaines suivant l’ensilage, va légèrement se tasser et descendre.

Des mini-silos
En permettant de faucher plus précocement sans prendre le risque de voir l’herbe se mouiller, l’enrubannage est une technique qui offre la possibilité de récolter des fourrages de bonne valeur alimentaire. Chaque balle enrubannée peut être assimilée à un mini-silo, ce qui rend cette technique proche de l’ensilage classique (recherche de conditions anaérobies mais sans l’acidification). Pour réussir un enrubannage de qualité, il est nécessaire de respecter un certain nombre de règles. Comme pour le foin ou l’ensilage, il faut couper le fourrage à une hauteur suffisante (> à 6 cm) pour éviter la terre et les cailloux. Ensuite, il faut au minimum enrubanner lorsque le taux de matière sèche atteint 50 et dans un délai très court après le pressage en fonction de la température extérieure. Avec des fourrages à plus de 70 d’humidité les risques de moisissures sont importants en cas de défauts d’herméticité. Les tiges deviennent agressives et peuvent perforer les films. On augmente également les pertes en feuille, le seul avantage est de diminuer la quantité d’eau transportée.

Viser 50 à 70 de matière sèche
Avec des fourrages plus humides (au moins 50 d’humidité), les risques de butyriques s’élèvent d’autant plus que l’on est en brins longs et que le fourrage est plus pauvre. Il faut confectionner des balles régulières et denses, et utiliser un film de qualité en mettant au minimum 4 couches de film avec un recouvrement de 50 et un taux d’étirement de l’ordre de 20. Le stockage des balles doit se faire avec un matériel adapté sur une aire préparée pour limiter le perçage de la bâche. Enfin il faut éviter d’empiler plus de 2 bottes, particulièrement si le taux de matière sèche est inférieur à 60. Les balles vont se déformer et seront difficiles à distribuer. La technique de l’enrubannage est relativement souple à mettre en œuvre car elle ne nécessite pratiquement pas d’entraide. Elle permet de récolter un fourrage plus précocement que le foin, donc de meilleure qualité, de faire des plus petits chantiers.  Dans ce sens elle est un véritable moyen de proposer   une offre de qualité aux animaux pâturant. Mais elle est coûteuse, environ 50 de plus qu’un foin ou un ensilage et nécessite plus de temps que l’ensilage et au moins autant que le foin.

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