Agri79 Informations 28 janvier 2016 à 08h00 | Par Ronan Lombard

Dans la continuité de 2015, les agriculteurs se mobilisent

En Deux-Sèvres comme ailleurs, les agriculteurs se sont mobilisés pour rappeler aux opérateurs de l’aval, aux pouvoirs publics et à leurs concitoyens que depuis l’été dernier, leur situation ne s’est pas améliorée.

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Les manifestants se sont rassemblés devant la laiterie des Champdeniers dimanche soir. Au-delà du site, c’est le groupe Terra Lacta qui était visé, accusé de participer à la baisse des prix du lait au détriment des éleveurs.
Les manifestants se sont rassemblés devant la laiterie des Champdeniers dimanche soir. Au-delà du site, c’est le groupe Terra Lacta qui était visé, accusé de participer à la baisse des prix du lait au détriment des éleveurs. - © Ronan Lombard

Lundi 25 janvier, à 11h, ils étaient une quarantaine. Parmi le groupe d’éleveurs rassemblés dans la cour de l’usine de Champdeniers, Guillaume Mandin, président de Jeunes agriculteurs de Poitou-Charentes, explique pourquoi les agriculteurs se mobilisent, éleveurs laitiers en tête : « C’est un ras-le-bol général. Il faut maintenant que le prix soit revalorisé. Produire du lait à 275 €/1 000 l, nous ne savons pas faire », même en considérant le travail engagé pas la profession pour la maîtrise des charges.
C’est pourtant l’estimation de prix sur laquelle les agriculteurs partent pour les trois mois à venir. « Si les politiques et les industriels imaginent que nous pouvons faire du lait au même prix que nos voisins », ils se trompent : « ce n’est pas possible. » Christophe Limoges, administrateur de la FNPL, développe en pointant du doigt les normes environnementales. « En France, nous lavons plus blanc que blanc. À chaque fois, l’élevage est en première ligne » et est économiquement impacté.
Que ce soit en raison des normes ou du système social, l’administrateur de la FNPL estime que les coûts imposés à toute l’économie française, et en particulier à l’agriculture, ne sont pas tenables. Aujourd’hui, « les mises en terre des cultures de printemps vont être compliquées pour les entreprises », à cause des trésoreries mises en difficulté par la faiblesse des prix qui perdure.

Réduire les coûts de production ne suffit pas
Pour Guillaume Mandin, « 2014 était une bonne année pour le lait », avec un niveau de prix moyen de 350€/1 000 l jugé acceptable. « Des jeunes, motivés par le métier, se sont engagés. » Mais depuis, la situation s’est détériorée. 2015 a vu le prix s’effondrer et « 2016 sera sans doute pire », craint le responsable professionnel, qui ne voit poindre aucun signe encourageant. De plus, les actions très médiatisées de l’été dernier n’ont rien changé : « leur suite a été une crise. » C’est pour cela que « nous sommes ici aujourd’hui. »
À La Rochelle comme dans l’ouest de la France, les agriculteurs ont organisé des actions visant un public plus large. Les éleveurs des Deux-Sèvres ont d’abord ciblé la laiterie de Champdeniers, qui appartient à Armor protéines, une filiale du groupe Savencia. Elle travaille à partir de lait en provenance d’autres laiteries pour produire principalement de la poudre. Ainsi, « elle participe au prix même si elle ne paye pas directement les éleveurs. » Au-delà du site de Champdeniers, c’est surtout le groupe coopératif Terra Lacta que ciblent les éleveurs, appelant à la démission du président Alain Lebret, qui « ne représente plus les éleveurs », analyse Guillaume Mandin. Pour lui, les actions, dont la promotion de l’origine française des produits alimentaires, « ont porté leurs fruits. » Aux transformateurs « d’aller chercher la valeur ajoutée » pour être en capacité d’accorder aux producteurs les rémunérations qu’ils réclament, conscients que la marge des produits à forte valeur ajoutée, « nous n’en voyons pas la couleur. »

Le lait symbolique de l’ensemble des productions
De l’usine de séchage, les syndicalistes ont ensuite gagné le rond-point de Montplaisir, situé sur la même commune, pour une distribution de tracts aux usagers de l’axe Niort – Parthenay. Dans les rangs de la Fnsea et de JA, les éleveurs laitiers n’étaient pas les seuls à expliquer que pour beaucoup de productions, le prix payé est inférieur au coût. Mardi, un second point de rassemblement se formait au giratoire de Saint-Sauveur et l’abattoir de Bressuire était le second site industriel ciblé par le mouvement en Deux-Sèvres.
Si les partenaires économiques dans les filières étaient clairement les premiers destinataires du message, les agriculteurs et Guillaume Mandin n’ont pas pour autant oublié les pouvoirs publics : « On ne peut pas prétendre être un grand pays producteur agricole sans mettre en place une politique » adaptée sur le territoire.

le fil de la semaine

- Dimanche soir :
Début du blocage de la laiterie de Champdeniers à 22h.
- Lundi après-midi  :
Opération barrage filtrant au carrefour de Montplaisir.
- Mardi après-midi :
Opération barrage filtrant au rond-point de Saint-Sauveur sur la RN149, puis action à l’abattoir de Bressuire, où les agriculteurs ont collé des dessins humoristiques avant de déposer de la paille et du fumier devant la DDT de Bressuire.
- Mercredi :
Les JA ont repris l’initiative à Champdeniers l’espace de quelques heures.
- Jeudi :
Toujours à Bressuire, un rendez-vous avec Annick Paquet, sous-préfète, prévu initialement mardi, devait avoir lieu le 28.

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